Maria Koumarianou

Exil et nostalgie: la matière de l´ écriture autobiographique chypriote. Le cas de Rina Katselli

Περίληψη

Exil et nostalgie : la matière de l´ écriture autobiographique chypriote. Le cas de Rina Katselli Maria Koumarianou Résumé L´expérience du réfugié est un processus complexe qui comprend perte et reconstitution. La perte qui marque tous les aspects de la vie des réfugiés signifie aussi l´expatriation soudaine et leur réinstallation dans de nouveaux endroits. Au cours des années, le processus de l´adaptation aux nouvelles exigences peut devenir créatif et de nouveaux rôles et identités en surgissent. L´exil, la situation de séparation et de déplacement engendre aussi un processus de « retour en arrière » sur ce qu´on l´a quitte et que l´on voudrait retrouver. Notre contribution s´intéresse précisément à cette « écriture » telle qu´elle s´est mise en place chez des Chypriotes qui ont dû quitter le Nord de Chypre en 1974 lors de l´invasion turque pour se réfugier au sud de l´île. Nous allons montrer comment la littérature présente et renforce ce sentiment d´amertume et de nostalgie que les réfugiés ressentent et comment à travers les pages des livres et des recueils écrits après l’invasion turque surgissent les sentiments inexprimés des réfugiés, l´espace symbolique qu´ils se créent et les difficultés d´intégration dans une société à la fois tellement semblable et si lointaine. C´est donc ce sentiment d´exil qui a engendré l´écriture, soutien de la pensée ; il est aussi responsable du « statut » social de la personne désormais reconnue comme écrivain- réfugié. En même temps nous essaierons de répondre à trois problèmes qui se posent: En premier lieu, s´agit-il d´une littérature nationale ou est-ce seulement une expression particulière dépendant de conditions historiques précises ? Cette première question nous amène à considérer le second problème que se posent ces auteurs. Dans quelle mesure cette littérature est-elle et doit-elle rester « engagée » ? Le troisième problème majeur qui se pose aux écrivains chypriotes est celui de la langue. Il n´est pas évident pour le lecteur non hellénophone d´en comprendre le pourquoi. A Chypre, il y a une sorte de diglossie, entre la langue de l´administration enseignée à l´école qui est le grec moderne, et la langue parlée par l´unanimité de la population qui est le dialecte chypriote. Dans les limites de cette communication, notre étude portera essentiellement sur les écrits de Rina Katselli écrivain et députée que nous considérons représentative des tendances romancières après 1974. Nous allons montrer comment l´œuvre construite sur l‘exil obéit à une dynamique chronologique liée à la mémoire, à la poursuite du souvenir, mais aussi le besoin de se situer dans un nouveau contexte et (de se forger) une nouvelle identité. Ce sont quelques-uns des sujets qui interpellent notre écrivain –la déception politique, la nostalgie, mais aussi une vision prometteuse de l´avenir.

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